Les émotions – la brume ou la lumière sur la vitre de notre conscience



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Les émotions nous font vivre. Nous avons parfois peur d’elles, de les sentir, de les vivre, de les montrer… Nous les appréhendons parfois mal : nous leur faisons confiance quand elles ne sont pas très constructives, ou nous nous méfions d’elles et faisons appel à notre cerveau alors qu’elles se révélaient être un bon guide. Les émotions font peur, elles affaiblissent l’image que nous avons de nous-même, elles enlèvent le masque que nous portons devant la société et que nous cherchons à remettre après chaque moment de « faiblesse ». On cherche à les gérer, à les conditionner, à les mettre de « notre côté ». Les émotions arrêtent parfois nos pensées et nous font basculer dans un tourbillon que nous ne savons pas gérer. On se moque des gens sensibles, on veut donner plus raison à notre matière grise et ne pas se soumettre à des états qui envahissent notre corps. Encore petits on nous apprend comment ne pas permettre aux émotions avoir une forte influence sur nous et avoir un comportement que la société considère comme « stable ».


Nous avons peur aussi des émotions de nos enfants et nous avons le sentiment que la société les jugera en les liant à la qualité de l’éducation que nous parents avons donné. Comme si les émotions de nos enfants ouvraient le rideau de notre propre existence et montraient nos côtés obscurs.


Nous sommes libres de nos choix, notre libre arbitre intervient quand nous faisons appel à lui.


Profondément nous n’avons pas peur de nos émotions, mais de ce qu’elles disent sur nous. Nous avons peur de nous-mêmes. Ce masque que nous mettons nous cache avant tout de nous tels que sommes. Pour vivre bien et épanouis, nous devons permettre à nos propres émotions de nous faire sentir leur palette infinie pour nous mieux connaître.


Mais pourquoi nous avons peur de nous-mêmes ? Est-ce vraiment cela qui nous effraye ou plutôt l’opinion des autres. Leur jugement ? Mais quelle influence peuvent-ils avoir sur nous si nous nous sentons bien dans notre intérieur et nous ne sentons pas le besoin de nous justifier ? Comment une opinion pourrait changer nos connaissances, expériences, ressentis, tempérament ? Est-ce que l’opinion qu’une personne peut exprimer sur notre réussite pourrait changer toutes les années d’expérience que nous avons accumulé ? Ou une simple critique sur notre travail pourrait enlever les années de recherches et le nombre de livres lus ? Je ne pense pas.


Nous permettons aux autres d’exercer une influence sur nous à travers les émotions qu’ils créent chez nous. Positives ou négatives elles ont le pouvoir de nous conditionner d’une manière ou autre. C’est plutôt de ces émotions dont nous devrions avoir peur, celles qui changent notre direction de vie et distordent notre personnalité. Se connaître soi-même devrait être un but, afin de pouvoir avancer d’une manière honnête et constructive dans notre vie. La peur disparaît au moment où on décide de la rencontrer.


Et se libérer de la peur, c’est d’accepter la liberté.


Milla Di Gregorio